Pèlerinages à Cetinje Le Précurseur

Le Trésor des Chevaliers de Malte

Les Reliques de l'Ordre de Malte

Le général Bonaparte en partance pour l’Égypte conquit l’ile de Malte ; se fit remettre le trésor dont : l’icône Notre-Dame de Philerme, un morceau de la vraie Croix et la main de saint Jean-Baptiste. Il rendit ces trois reliques au Grand Maître Hompesch après avoir retiré les pierres précieuses qui les entouraient et emmena les autres. Cela se passait en Juin 1798.

L’ordre de Saint-Jean entra alors en déshérence.

L’année précédente, Novembre 1797, l’ordre de Malte avait fondé un Grand Prieuré Russe dans l’Empire de Russie, suite à la dernière partition de la Pologne. Ce grand Prieuré Russe de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem, constitué sur les bases d’une convention internationale, entre les Grands Maîtres de Malte et l’empire de Russie, sur les bases du Grand Prieuré de Pologne de 1775, avec le Prince de Condé comme Grand Prieur. Ce Grand Prieuré survit toujours.

L’empereur Paul Ier, alors protecteur de l’Ordre, secourut les 249 chevaliers échappés de Malte, et les invita à St Petersbourg. Il prit, à leur demande, en novembre 1798 la direction de l’ordre en acceptant la charge de Grand Maître.

Le 6 juillet 1799, Hompesch abdique de sa charge de Grand Maître entre les mains de Paul 1eret remet en gage de cette transmission d’autorité les trois reliques au nouveau Grand Maître.

Paul 1er fit remplacer les pierres précieuses manquantes, marquant ainsi sa volonté évidente de continuer à faire vivre l’ordre de Saint-Jean. Il s’engage alors pour tous ses successeurs.

Il fit construire dans le parc de son palais à Gatchina, une petite église pour accueillir les reliques, sous la protection des tsars jusqu’à Nicolas II, puis au Palais impérial, où chaque année se tenait une grande cérémonie commémorative à la Saint Jean.

Le Grand Prieuré Russe n’a jamais été aboli, les tsars étaient toujours protecteurs héréditaires de l’ordre. Nous ne nous attarderons pas sur les péripéties fiscales et règlementaires sur le port des décorations.

Les reliques demeurèrent ainsi officiellement en Russie jusqu’au moment de la guerre civile.

Avec la guerre et la révolution, le climat d’insécurité croissant, le Tsar Nicolas II confie en 1914 au roi de Espagne, Alphonse XIII, un certain nombre d’éléments, dont la direction du Grand Prieuré Russe. Le rétablissement du Grand Prieuré est réclamé avec les justifications idoines par la « déclaration des commandeurs héréditaires » à Paris de 1928, et devient effectif en 1955 par arrêté ministériel de la république française.

Retenons que le Prince Demidov est inscrit dans l’Almanach de Saint Pétersbourg de 1910 comme « Commandeur héréditaire de l’ordre de Malte », et qu’il sera co-signataire de la dite déclaration, confirmant, s’il en était besoin, le lien légitime entre le Grand Prieuré Russe de Saint Pétersbourg et celui de 1955 à Paris.

Quant aux reliques des Chevaliers Hospitaliers, l’impératrice Maria Feodorovna, mère de Nicolas II, elle confia ce trésor à l’Eglise orthodoxe de la Résurrection du Christ à Berlin. Puis à son décès, ses filles les transférèrent à Belgrade, jusqu’au moment où le roi Pierre de Yougoslavie en Avril 1932 s’impose en protecteur.

La famille royale yougoslave en 1942 dans le contexte très lourd de l’époque fit cacher le trésor dans les monastères du Monténégro, un moment dans le monastère d’Ostrog puis plus tard dans celui de Cetinje berceau de la famille Karageorgévitch.

Ce n’est qu’au cours des années 1990 soit 50 ans plus tard que le patriarche Alexis de Moscou dévoila l’endroit où se trouvait le trésor c’est-à-dire au monastère Saint-Pierre de Cetinje.

Les membres du Grand Prieuré Russe de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, sont les derniers dépositaires des reliques, au travers de Nicolas II, jusqu’à leur mise à l’abris en 1917, et leur consignation auprès de la famille royale de Yougoslavie en 1932. 

Aujourd'hui, ces reliques sont dispersées entre le musée municipal et le monastère, Notre Dame de Philerme ayant été temporairement "empruntée". Des tensions montent aujourd'hui sur la garde de ces reliques.

Or, le Grand Prieuré est directement concerné par une éventuelle initiative qui affaiblirait encore le Christianisme.

Rappelons que ce Grand Prieuré est œcuménique, mixte et de vocation internationale.

Les dames et chevaliers, de toute confession, ayant fait plusieurs pèlerinages à Cetinje, ils sont particulièrement soucieux de voir réunies les trois reliques en un même lieu de recueillement. On ne peut prier pleinement dans un musée.

En conclusion de ce qui précède, notre réflexion nous amène à proposer ce qui suit.

Il serait souhaitable que le Métropolite Amphiloque se voit accordé le permis de construire pour sa cathédrale qui abriterait les reliques avec, sans nul doute,  toutes les conditions requises et négociables avec les autorités civiles qui ont à cœur la préservation d’une telle richesse. 

Le Grand Prieuré est disposé à assumer sa part de responsabilité dans les décisions et la juste gestion des choses.

L’exposition des reliques dans une chapelle œcuménique, dédiée, et correctement agencée, permettrait de rassembler en pèlerinages toutes les confessions du monde chrétien auquel ces reliques appartiennent.


Les références des faits sont largement publiées dans les documents historiques.

La chronologie de la continuité du Grand Prieuré a été enregistrée devant notaire en région parisienne.